Séminaire du 17 avril | Projet d’énergie renouvelable en Afrique de l’Ouest : Un « sacrifice vert » inévitable ?
- Quand : Vendredi 17 avril, 13h00
- Où : Format hybride – UQÀM (local J-1187) et sur Zoom
RÉSUMÉ
Cette communication examine les dynamiques de contre-mobilisation autour de deux projets d’énergie renouvelable développés en Afrique de l’Ouest. Si ces deux projets, l’un solaire et l’autre éolien, actuellement en phase d’exploitation et situés à proximité de villages riverains, ont d’emblée suscité l’enthousiasme des communautés locales, celles-ci déplorent aujourd’hui le caractère fort limité de leurs impacts économiques et surtout, leurs effets délétères sur l’environnement et le milieu de vie. Mais comment développer une contre-mobilisation porteuse alors que les gestionnaires de projets, largement soutenus par les acteurs politiques locaux et nationaux, occupent une position que l’on peut qualifier d’hégémonique, leur pouvoir économique étant décuplé par la précarité financière des communautés où ils interviennent? Nos résultats font en effet ressortir que du point de vue des promoteurs politiques et gestionnaires des projets, les communautés locales ont à porter un « sacrifice vert » (green sacrifice) (Zografos et Robbins, 2020) au nom d’une transition énergétique par ailleurs salutaire pour les pays concernés. L’analyse détaillée des dynamiques en présence laisse toutefois voir qu’on peut opposer d’autres voies de passage à ce « déni de démocratie », entre autres par une meilleure capacitation des communautés et par l’instauration d’un réel dialogue autour des conditions qui pourraient faire en sorte que ces projets soient considérés comme plus acceptables.
INTERVENANTE : Stéphanie Yates
Stéphanie Yates est professeure au département de communication sociale et publique de l’UQAM depuis 15 ans, membre du Labfluens – Laboratoire sur l’influence et la communication et du Groupe de recherche en communication politique. Ses travaux s’inscrivent dans le champ de la communication politique. Politologue (Ph.D science politique, Université Laval, 2010), elle étudie le lobbyisme, la participation publique et la communication stratégique déployée par les acteurs souhaitant influencer les politiques publiques (groupes d’intérêt ou associations, think tanks, coalitions), particulièrement dans des cas de controverses environnementales ou soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale, entre autres liés à la transition socioécologique. Avec de nombreuses publications sur ces sujets, elle intervient fréquemment comme formatrice, consultante et experte sur ces questions. Elle est par ailleurs directrice de la collection Communication stratégique et relations publiques aux Presses de l’Université du Québec et responsable du programme de baccalauréat en communication, politique et société à l’UQAM.
